Dans la famille Burgonde…je demande le Beaujolais!

Pour vous situer un peu…

Habillée de près 23 000 ha de vignes, idéalement située au carrefour des influences climatiques méridionales et continentales du Lyonnais, cette région viticole aux accents toscans par ses panoramas est avant tout connue pour son vin primeur. Figure de proue d’une communication plus ou moins maitrisée, mais efficace, puisque le Beaujolais est la deuxième notoriété mondiale par les AOC après le Champagne, le Beaujolais Nouveau n’est que la face émergée de l’iceberg, sur lequel nous ne nous étendrons bien évidemment pas…Immergeons-nous plutôt avec délectation dans le fief du Gamay noir à jus blanc, pour y découvrir d’inextricables liens de parenté avec la Bourgogne, à laquelle le Beaujolais viticole reste administrativement rattaché.

Eh, Phil, vas d’abord me soigner cette vilaine peau, et après tu te permettras de critiquer le Gamay…

L’histoire débute avec le 1er Duc de Bourgogne, ce filou de Philou, alias Philippe le Hardi, avec son célèbre appel à l’arrachage du « très déloyault plant » qui concurrençait sérieusement le pinot noir bourguignon. En vain semble t-il : 70% du Gamay produit aujourd’hui dans le monde provient du Beaujolais où il règne en maître unique sur les vins rouges. Il reste également présent en Bourgogne dans les désuètes appellations Bourgogne Passe-tout-Grains et Bourgogne Grand Ordinaire. Autre similitude, le Chardonnay, employé exclusivement pour les Beaujolais blancs, généralement plus tendus et minéraux que leurs pendants bourguignons, aux notes traditionnellement beurrées et toastées.
Dans les années 50, le Beaujolais est à son apogée, avec des vins plus onéreux que les illustres vins bourguignons. La région connut l’euphorie jusqu’aux années 70 où le Beaujolais se vendait encore à grand renfort de Pots Lyonnais. Puis, finie l’époque « disco ». Vint le temps de payer les errements d’une viticulture avide de rendement car portée par son succès commercial. Le vignoble se cherche, entre vin en vrac, vins nouveaux et vins plus travaillés…
Mais une nouvelle ère est amorcée dans le Beaujolais depuis une quinzaine d’années par quelques vignerons « locomotives » en quête de typicité : l’offre en vins à découvrir (rouge, blanc, rosé, moelleux, primeur, vins mousseux de type aromatique, vins bio, vins naturels,…) est de plus en plus étoffée.

Aujourd’hui encore, la Bourgogne demeure en toile de fond du Beaujolais, à la fois parangon de vertu et modèle à dépasser. Ne dit-on pas d’un Gamay ayant atteint sa maturité après quelques années de garde qu’il « pinote », consécration ultime pour un vin rouge du Beaujolais? Pas de bla-bla, que du résultat : régalez-vous de ces vins fruités ou puissants, à consommer tout de suite ou à garder, pour moins de 10€. Car c’est bien là que se termine l’analogie avec la Bourgogne…et que commence le plaisir!

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