Concours International du Gamay (Lyon)

téléchargementUn jus de planche ou une décoction de cassis* ? Fromage ou dessert? Va t-on au coiffeur ou chez le capilliculteur? Afin de sortir définitivement de ces dilemmes cornéliens que la main d’un autre Pierre n’eut pas nié, rendez-vous furent pris à Lyon pour assister en toute bonne foi aux 2ème et 3ème éditions du Concours International du Gamay. Ces salubres célébrations oecuméniques ont pour but de louer le fruit (fermenté) de cette union entre Pinot Noir et Gouais**, si cher au palais d’un parterre d’ouailles baptisées au jus d’automne. Des vins honnêtes de vignerons non moins intègres y quêtent une gloire éphémère pour le salut de leurs ventes. Las! On ne croise pas que des enfants de coeur dans ces grands messes : d’irrémédiables charlatans cherchant l’aumône prêchent à grands renforts d’intarissables tord-boyaux ruine-papilles. Alors, recueillons-nous, mes biens chers frères, afin de trier le bon grain de l’ivraie…

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Un mannequin pour cagoule se cache dans l’assistance. Saurez-vous le retrouver?

Occasion exceptionnelle de goûter à tout ce qui se fait de près (Beaujolais) ou de loin (Canada) avec du Gamay noir à jus blanc, cette dégustation initiée par Inter Beaujolais invite nos sens au voyage, à la découverte de terroirs inconnus, à l’ouverture de l’esprit et du gosier. Avec pour fil conducteur ce cépage singulier aux expressions plurielles, je m’apprêtais à goûter le plaisir d’une ascension horizontale dans le royaume du souverain Beaujolais. Même si l’objectif avoué de ce type de concours est de noter, classer, discerner pour mieux décerner un prix, une médaille, à l’honneur ridicule, en tant que juré, on n’est pas à abri d’une rencontre heureuse.

Mais l’indigente variété des vins dégustés, plus proches du soda que d’authentiques crus, grimés à en faire pâlir un peintre en bâtiment, fit prendre à l’expérience sapide un fâcheux tournant, celui du crachoir. Je pointe ici du doigt la mode actuelle des Gamay aux goûts de cassis et de vanille que la thermovinification* et/ou un élevage en fût* confèrent aux vins. Le débat n’est pas plus d’être pour ou contre la vanille et le cassis, que pour ou contre le bleu et le rose. La question est de savoir si nous voulons que tous les garçons soient vêtus de bleu et toutes les filles de rose, au risque d’être rapidement saoulés. A moins que ce ne soit le but recherché…

* : lire l’article « Les errements du Gamay ».

** : l’authentification de  cette auguste lignée est le résultat d’une technique scientifique reposant sur l’utilisation des marqueurs moléculaires.

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